
Je dévorais ses papiers dans Actuel, période « baba-freak-patchouli- bohème » du magazine, et de moi-même, d’ailleurs, tiens, aussi. L’époque où l’écologie ne semblait qu’un rêve de hippie naïf, où le Grateful Dead était considéré comme un super bon groupe et où le rock allemand était le must en matière de nouveauté planante. J’admirais le bonhomme, capable de pondre des articles érudits et passionnants, aussi bien sur l’influence du 13th Floor Elevator dans le courant psychédélique que sur la musique des trouvères au Moyen Age. Je me disais que quand je serai grand, j’aimerai bien faire comme lui.
Et puis, un jour, je l’ai rencontré. Je m’en souviens comme si c’était, euh, il y a quelques mois. J’étais plus ému que si j’avais bu un pot avec Jagger ou fait le bœuf avec Roy Orbison. Il était posté derrière un énorme bureau recouvert de liasses de papiers, avec ses petites lunettes et son petit bouc. J’ai bredouillé je ne sais plus quoi, que je cherchais du boulot, que j’étais passionné de musique, qu’au lycée j’étais plutôt pas mauvais en français (la preuve…) et que si des fois… Il m’a regardé avec indulgence, m’a tendu un disque et m’a dit : « fais moi une chronique pour lundi ».
J’ai passé le week-end à analyser fiévreusement l’objet en question, sous toutes ses coutures et tous ses sillons, un vinyle bien sûr, d’un dénommé Pierre Rapsat, rocker belge disparu depuis. Le lundi, après avoir noirci des monceaux de feuillets raturés, je me suis repointé le cœur battant, avec un article à peu près présentable. C’est comme ça que je suis devenu « rock critic », que j’ai commencé à recevoir des disques à l’œil et à assister aux concerts gratos. Grâce à lui, Jean-Pierre Lentin.
Après, je l’ai perdu de vue. Il est reparti pour d’autres aventures, Radio Nova, a écrit des bouquins vachement calés et technologiques, à propos de l’influence des ondes sur nous autres humains bardés d’antennes, et autres sujets balèzes qui forcent le respect. Et puis, la semaine dernière, sale semaine, j’ai appris qu’il avait tiré sa révérence, comme on dit. Je voulais juste lui faire un petit coucou, lui dire « Jean-Pierre, regarde, si je suis toujours là, c’est grâce à toi ». Je suis sûr que là haut, il a déjà commencé à captiver les anges, avec sa science et sa gentillesse.
Bon, il ne faudrait pas que ce blog devienne une rubrique nécrologique permanente. Je vous en supplie les copains, arrêtez de mourir, moi ça me tue.
Et puis, un jour, je l’ai rencontré. Je m’en souviens comme si c’était, euh, il y a quelques mois. J’étais plus ému que si j’avais bu un pot avec Jagger ou fait le bœuf avec Roy Orbison. Il était posté derrière un énorme bureau recouvert de liasses de papiers, avec ses petites lunettes et son petit bouc. J’ai bredouillé je ne sais plus quoi, que je cherchais du boulot, que j’étais passionné de musique, qu’au lycée j’étais plutôt pas mauvais en français (la preuve…) et que si des fois… Il m’a regardé avec indulgence, m’a tendu un disque et m’a dit : « fais moi une chronique pour lundi ».
J’ai passé le week-end à analyser fiévreusement l’objet en question, sous toutes ses coutures et tous ses sillons, un vinyle bien sûr, d’un dénommé Pierre Rapsat, rocker belge disparu depuis. Le lundi, après avoir noirci des monceaux de feuillets raturés, je me suis repointé le cœur battant, avec un article à peu près présentable. C’est comme ça que je suis devenu « rock critic », que j’ai commencé à recevoir des disques à l’œil et à assister aux concerts gratos. Grâce à lui, Jean-Pierre Lentin.
Après, je l’ai perdu de vue. Il est reparti pour d’autres aventures, Radio Nova, a écrit des bouquins vachement calés et technologiques, à propos de l’influence des ondes sur nous autres humains bardés d’antennes, et autres sujets balèzes qui forcent le respect. Et puis, la semaine dernière, sale semaine, j’ai appris qu’il avait tiré sa révérence, comme on dit. Je voulais juste lui faire un petit coucou, lui dire « Jean-Pierre, regarde, si je suis toujours là, c’est grâce à toi ». Je suis sûr que là haut, il a déjà commencé à captiver les anges, avec sa science et sa gentillesse.
Bon, il ne faudrait pas que ce blog devienne une rubrique nécrologique permanente. Je vous en supplie les copains, arrêtez de mourir, moi ça me tue.

1 commentaires:
je l'ai rencontré aussi, a radio nova,et m'a aussi impressionné, je connais maintenant comment tu es devenu journaliste, mais c'est vrai arretons de mourrir!
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