
Le petit elfe blond, là au milieu sur la photo, coincé entre un grand flandrin de journaliste et un célèbre pilier de piano-bar-tabac, c’est elle, c’est Anne-Marie. C’était une légende et c’était mon amie.
Anne-Marie Paquotte n’était pas qu’une critique de chanson, elle a littéralement embelli l’écriture journalistique. Son style à la poésie mutine, à la suavité sans mièvrerie, à la sensualité sans affèterie, réussissait à rendre encore plus beaux les chanteurs qu’elle affectionnait et qui le lui rendaient bien. En plus de vingt ans de collaboration, inutile de préciser que nous avons fait les quatre-cents coups ensemble, pas tous artistiques : pillé la cave de Gainsbarre, passé la nuit chez Dutronc, tiré les vers du nez de Goldman, surveillé les plantations d’Annegarn ou compté les guitares de Voulzy.
La première fois que je l’ai vue, elle marchait dans la rue en lisant un bouquin, au risque de se faire bigorner par quelque automobiliste distrait. C’est que Anne-Marie n’aimait pas perdre son temps, ni en vains écrits ni en piètres lectures. Si elle avait choisi ce métier somme toute étrange, donner son avis sur les œuvres des autres, c’était bien plus que par simple passion : par véritable amour. Amour de la musique, bien sûr, des mélodies ébouriffantes et des vers bien troussés. Mais surtout amour de ceux qui les fabriquaient, ces chansons, les partageaient, les transcendaient, et dont elle savait restituer la personnalité avec une tendresse proche de celle qui doit animer les meilleurs artisans. Un amour parfois immodéré (Ferré ou Barbara en furent les plus fameux récipiendaires) mais jamais aveugle ni bêta.
En tapant ces lignes, je revois Anne-Marie en face de moi, dans les bureaux du journal qui était encore le nôtre, pianotant sur son clavier avec cette moue préoccupée qu’elle arborait quand elle s’absorbait dans l’écriture d’un papier. Et je me sens tout con, là, piteux et malheureux, en train d’essayer de lui rendre hommage, d’écrire ce que dans notre jargon de journaleux on appelle trivialement une « nécro ».
Depuis quelques années, Anne-Marie avait choisi de retourner vivre dans ses Pyrénées natales. C’est là qu’elle s’est éteinte, dimanche matin, quelques heures après un Bashung que, justement, nous avions souvent interviewé ensemble, elle et moi. Anne-Marie, Alain, pardonnez moi. Dans ces cas là on n’a guère envie de faire le littérateur malin, de ciseler des phrases étincelantes. Juste songer qu’heureusement, on n’avait pas oublié de vous dire qu’on vous aimait.
Anne-Marie Paquotte n’était pas qu’une critique de chanson, elle a littéralement embelli l’écriture journalistique. Son style à la poésie mutine, à la suavité sans mièvrerie, à la sensualité sans affèterie, réussissait à rendre encore plus beaux les chanteurs qu’elle affectionnait et qui le lui rendaient bien. En plus de vingt ans de collaboration, inutile de préciser que nous avons fait les quatre-cents coups ensemble, pas tous artistiques : pillé la cave de Gainsbarre, passé la nuit chez Dutronc, tiré les vers du nez de Goldman, surveillé les plantations d’Annegarn ou compté les guitares de Voulzy.
La première fois que je l’ai vue, elle marchait dans la rue en lisant un bouquin, au risque de se faire bigorner par quelque automobiliste distrait. C’est que Anne-Marie n’aimait pas perdre son temps, ni en vains écrits ni en piètres lectures. Si elle avait choisi ce métier somme toute étrange, donner son avis sur les œuvres des autres, c’était bien plus que par simple passion : par véritable amour. Amour de la musique, bien sûr, des mélodies ébouriffantes et des vers bien troussés. Mais surtout amour de ceux qui les fabriquaient, ces chansons, les partageaient, les transcendaient, et dont elle savait restituer la personnalité avec une tendresse proche de celle qui doit animer les meilleurs artisans. Un amour parfois immodéré (Ferré ou Barbara en furent les plus fameux récipiendaires) mais jamais aveugle ni bêta.
En tapant ces lignes, je revois Anne-Marie en face de moi, dans les bureaux du journal qui était encore le nôtre, pianotant sur son clavier avec cette moue préoccupée qu’elle arborait quand elle s’absorbait dans l’écriture d’un papier. Et je me sens tout con, là, piteux et malheureux, en train d’essayer de lui rendre hommage, d’écrire ce que dans notre jargon de journaleux on appelle trivialement une « nécro ».
Depuis quelques années, Anne-Marie avait choisi de retourner vivre dans ses Pyrénées natales. C’est là qu’elle s’est éteinte, dimanche matin, quelques heures après un Bashung que, justement, nous avions souvent interviewé ensemble, elle et moi. Anne-Marie, Alain, pardonnez moi. Dans ces cas là on n’a guère envie de faire le littérateur malin, de ciseler des phrases étincelantes. Juste songer qu’heureusement, on n’avait pas oublié de vous dire qu’on vous aimait.

6 commentaires:
Mon coeur est triste
Ma belle amie est partie et je n'ai pas pu lui dire au revoir.
Sa voix me manque déjà.
Nos échanges de mails en resteront là.
Il faut qu'on trouve le moyen de se revoir me disait-elle, alors que trop de kilomètres nous séparaient.
Que d'échanges sur le métier
Que de coups de coeurs et de rires partagés,
D'indignations aussi!
Que de tendresse et d'élégance.
Que dire?
Doux baisers ma belle amie, toute mon affection t'accompagne...
C.
Elle était petite et souriante,
affable et pertinente.
Admiration.
Toujours pressée quand elle remontait : 2 bises dans un café, "on s'reverra quand j'reviendrai".
Des nouvelles... par ci-par là.
"En chacun il y a du bon" et elle savait le trouver, à l'insu même parfois, de l'intéressé.
Le mot qui fait mouche, la pointe qui fait sourire, la tournure qui plaît, le style qui émerveille.
Et merde... nos derniers mots étaient des voeux... de Bonne Année...
P.NO
Une petite boule sous une petite couette dans un petit canapé déplié dans un petit appartement rue des Cloÿs pour un petit week-end parisien... elle était notre petit poucet trois fois l'an, qui semait des bouteilles de vin pour nous remercier de l'avoir hébergée. On se promettait de les boire ensemble la prochaine fois. Elle trinque maintenant avec Bashung, mais elle ne perd rien pour attendre !
je l'ai entendu faire de si belles interviews, la dernière etait celle d'arno, chez lui , heureusement il est encore la,celui la, salut anne marie,et milles mercis
l'anonyme, c'est moi , zouzou, ta fidele lectrice philippe
Merci.C'était ma fée.Arielle
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