jeudi 29 mai 2008

CISSÉ COMME ÇA....



Je suis triste pour Djibril. La nouvelle est tombée comme un couperet, hier après midi. L'autre là, le méchant coach poivre et sel, avec sa prunelle sadique et son sourire torve, ne l'a pas sélectionné pour l'Euro. Cissé viré, mais dans quel monde de foot on vit ? D'accord, je ne suis pas spécialiste de ballon rond, ni même ovale, sauf sur le zinc, mais quand même. J'aime bien Djibril. Il a de l'allure, quelque part entre guerrier massaï et couverture de GQ, avec sa crête de huron blond et ses tatouages sioux. Quand il cavale sur un terrain, on ne voit que lui , un peu comme quand Clint Eastwood grimpe les marches à Cannes. Aucune ressemblance entre ces deux là, me direz vous. Si, la classe, une sorte d'élégance animalement naturelle, de souple décontraction virile que n'ont par exemple ni Franck Ribéry ni Tom Cruise, pour rester dans le monde du show biz.
Il est vrai que le dandysme, même sexy, ne suffit sans doute pas pour bien jouer au football. On prétend que Djibril ne marquait plus beaucoup de buts ces temps derniers. Et alors? Si on congédiait tous les gens qui connaissent des passages à vide, je n'aurai pas bossé vingt-cinq ans dans le même journal.
Moi, si j'étais pubeur (c'est comme ça qu'on les appelle, j'ai lu Beigbeider) je foncerais sur l'occasion. Imaginez le spot : gros plan sur l'athlète, avec fond de pelouse verte, joueurs qui trottinent et tribunes qui bruissent. Zoom arrière: en fait, il est chez lui Djibril, en train de regarder la télé. Réplique: « Vous croyez que je ne participe pas à l'Euro? Au contraire, grâce à l'écran plat Machin, je suis en plein dans l'action. Encore mieux que sur le terrain ! » Slogan: « Avec l'écran plat Machin, faites comme Cissé, vivez l'Euro comme si vous y étiez ! » Aux anges, l'annonceur. A moi les pépètes.
Et au fait, quelqu'un aurait des nouvelles de Chabal ?

mardi 27 mai 2008

pensée du jour


"Les journalistes de rock sont des gens incapables d'écrire, qui interviewent des gens incapables de parler, pour des gens incapables de lire."
[Frank Zappa]

lundi 26 mai 2008

LOVE COLLECTION


Je crois aux coups de foudre. Aux rencontres magiques, imprévues, qui vous saisissent, vous figent, vous scotchent littéralement. Une alchimie à la formule inexplicable, comme un frisson indescriptible, renversant, bouleversant. Moi, ça m'arrive assez souvent... de tomber amoureux d'une chanson. En général, c'est pour la vie. En musique, quoique insatiable, je suis obstinément fidèle.
Une des premières fois, par exemple, c'était pour « In my life » des Beatles. Une sacrée gourgandine, avec sa silhouette menue et sa démarche chaloupée à coups de clavecin aiguisé comme des talons aiguilles. Ou « Without you », interprétée par Nilsson. Celle là, elle était sensuelle, bien en chair, avec un parfum romantique et désespéré, comme un dernier tête à tête aux chandelles. Ou encore « Sometimes it snows in April » de Prince, avec qui on avait envie de marcher des heures dans la forêt frissonnante, sous un ciel cotonneux.
J'ai en connu beaucoup d'autres. Des moins fréquentables, des avec des réputations discutables, des avec qui on n'avait pas forcément envie d'être surpris en public. Comme « The River » de Springsteen, fille un peu facile et rustique, mais si attachante. Ou « Celluloid heroes » des Kinks, frimeuse, cynique, mais irrésistiblement émouvante sous ses airs hautains. Ou encore « It's over » de Roy Orbison, un tantinet kitch et désuète, mais voluptueusement mélancolique. Plus récemment, ce fut «The blower's daughter » de Damien Rice, damoiselle déchirante et mystérieusement répétitive, avec qui j'eus une histoire mouvementée et houleuse.
Je suis un homme à gammes. Un effréné séducteur de refrains, un Don Juan de la romance, un play-boy de juke box. Je collectionne les chansons comme d'autres les bagnoles de sport ou les toiles de maîtres. Je passe de l'une à l'autre avec la même ferveur passionnée. Et avec le temps, ça ne s'améliore pas.
Il y a quelques jours, je suis tombé amoureux d'une scie entre deux âges, plus toute jeune mais magnifiquement conservée. Elle s'appelle « Valentine's day » et c'est Steve Earle qui me l'a présentée par hasard. Une grande créature toute simple, sans beaucoup d'atours ni de fanfreluches, naturelle comme je les aime. Je sens que je vais faire un petit bout de chemin avec celle là. Jusqu'à la prochaine fois.

jeudi 22 mai 2008

Y'EN A MARRE DU BLUES !


Je sais, ça peut choquer. Moi même, le jour où je fus saisi par cette subite et atterrante constatation, il me fallut avaler un bourbon, un scotch, une bière pour m'en remettre. C'est arrivé un matin, sans crier gare, sans faire boom boom. Ma baby ne m'avait pourtant pas quitté, mon mojo semblait en bon état de marche, mon hoochie coochie aussi, et, à ma connaissance, je ne suis pas né sous un mauvais signe. Et pourtant, du plus profond de mon gosier même pas sec, de mon âme même pas saoûle, jaillit ce cri démesuré : y'en a marre du blues ! Marre d'entendre seriner bourdon, cafard, spleen et mouise. Marre des complaintes, des sanglots,des goualantes chouinantes et dégoulinantes.
Attention, je ne mets pas en cause les héros du genre, les pionniers immortels, John Lee, Muddy, B.B., Buddy, Sonny, Willlie, Freddie. Pour eux, je conserve tendresse et respect. Non, je parle de nous autres, musiciens à la petite semaine, désespérément blancs et falots, qui avons transformé ces poignants chants d'esclaves en commodes scies de flemmards patentés. Qui nous contentons de reproduire bêtement les douze mesures à notre portée, de préférence en mi majeur, y'a qu'un accord barré.
Le blues c'est quand même pratique. Tu colles des paroles dessus et, hop, tu as une chanson. Y'a qu'à écouter le dernier album de Johnny, rien que des mélodies que tu as déjà entendu trois cents fois, et pourtant il y a des gens qui en ont signé la musique et qui touchent des droits à la Sacem. Le seul truc emmerdant, c'est de trouver des rimes au mot blues: une fois que tu as utilisé douze, flouze, bagouze et born to lose, t'es cuit (Jamel Debbouze, c'est plus difficile à caser).
Je sais, je sais, toute la musique qu'on aime, elle vient de là. Mais pour en arriver où ? A cette cohorte de rengaines à la monotonie réglementaire, bâties sur le même modèle harmonique et rythmique ? Le pire étant que la plupart des gens qui croient jouer du blues se sentent obligés de faire des solos de guitare. Ah les solos de guitare... Ces rodomontades vaniteuses qui sont à l'instrumentation ce que la gonflette est à la musculation. J'en parle en connaissance de cause, moi qui ai passé des heures à tenter d'imiter Hendrix ou Clapton et qui n'ai réussi à sonner que comme Didier Super. Du coup, j'ai décidé d'abandonner et de tenter de m'ouvrir à d'autres contrées inconnues et exotiques, tango, paso doble, polka, groka, saudade, valse et autre calypso. Y'a du boulot.
Tiens, ça y est, ça m'a flanqué le blues.

mercredi 21 mai 2008

EFFETS DE MANCHE


Le dilemme se présente plusieurs fois par jour. En tous cas pour moi, qui ai conservé, enfouie quelque part et pas forcément dans la poche revolver de mon jean, une once de confus souvenir de charité chrétienne bien désordonnée. Doit-on donner aux multiples quémandeurs qui hantent nos rues ? A qui offrir une piécette, dans quelles circonstances refuser son obole ? Saint Vincent de Paul, Abbé Pierre, Mère Térésa, Coluche, venez à mon secours ! D'autant que les cas de figures sont aussi variés que rituels, comme si la mendicité sur la voie publique (c'est comme ça qu'on dit dans les commissariats) était une affaire de tribus, avec ses personnages et ses prototypes réglementés.
Il y a le type agressif qui te réclame une cigarette avec la mine du mec qui est prêt à tuer pour une bouffée bleutée. Parfois, ça peut être une très jeune fille, encore à l'âge de déguster des roudoudous. Tu bredouilles une vague excuse piteuse, genre ben justement j'ai arrêté hier, si tu te sens l'âme paternelle tu peux tenter de faire la leçon à la lolita, quitte à essuyer un chapelet d'insultes.
Il y a le clodo type, avec son litron de rouquin et son clébard borgne, plus ou moins sympa, mais professionnel jusqu'au bout des ongles noirs. Je me souviens d'un, dans le 18ème, invariablement affublé d'une culotte en cuir et d'un chapeau tyrolien, brandissant un écriteau qui claironnait « svp, pour manger, pour boire, pour tirer un coup ». Empathie obligatoire.
Il y a les bandes organisées, venues semble-t-il de l'est (la rumeur prétend qu'on les débarque chaque matin en Mercédès pour les reprendre le soir dans le même équipage, mais la rumeur dit souvent des conneries...), souvent des femmes en fichus accompagnées d'enfants et visiblement exercées à scander des litanies suppliantes. Il y a le routard, plutôt jeune, échappé d'un remake de Woodstock mâtiné du Salaire de la peur, avec sac à dos déglingué et dogue menaçant. La vieille dame à cabas, qui pourrait être votre grand-mère, humble, digne, émouvante. Sans oublier les musiciens du métro, les vendeurs de fleurs qui défilent à la queue leu leu devant votre table de restaurant, les loustics louches qui poireautent devant les distributeurs de billets de banque, nullement à l'abri des regards indiscrets, ou ceux qui prétendent vous aider à payer le parcmètre.
Toute une humanité qu'il faut bien affronter, plus ou moins lâchement, avec dans le ventre un truc qui s'appelle la mauvaise conscience. Et l'idée, repoussante mais lancinante, qu'un jour, nous aussi, on sera peut-être à leur place, qu'on n'aura pas d'autre alternative que de mendier le soutien d'autrui.
Sur une nationale qui conduit à Melun, un taggeur anonyme a graffité sur un pont, en grandes lettres blanches, ces simples mots: « Pas la misère ». A chaque fois que je passe par là, je me dis que c'est le plus éloquent slogan du monde. Qu'on devrait l'inscrire partout, aux frontons des mairies, sur les façades des écoles, les pignons des casernes, les devantures des magasins. Sans autre commentaire.

mardi 20 mai 2008

JE M'EN VEUX


Puisque je suis seul ce soir
Sous la lampe aux reflets bleus
Penché sur mon écritoire
Je vais te faire un aveu
Le rappel de mes déboires
Ou l’énoncé de mes vœux
Seraient superfétatoires
Et pour tout dire ennuyeux
Sans boniment, sans histoire
Sans compliment vaniteux
Garde le bien en mémoire
De te vouloir je m’en veux

Tu mélanges rouge et noir
Tu maries l’eau et le feu
Soumis à ton bon vouloir
Moi je fais ce que je peux
Tu peux sortir ton mouchoir
Ou bien détourner les yeux
Ne restent que désespoir
Désamour et désaveu
Circulons y’a rien à voir
Rien à faire ou si peu
Garde le bien en mémoire
De te vouloir je m’en veux

J’ai tenté sans trop y croire
De couper la pomme en deux
De nous deux c’est moi la poire
Toi les pépins au milieu
Nous étions larrons en foire
Amis, amants, amoureux
Comme dans un roman de gare
L’épilogue en est fâcheux
A toi qui m’a laissé choir
Laisse moi te dire que
Je m’en veux de te vouloir
Et Dieu sait si je te veux

lundi 19 mai 2008

BANDE DE BLAIREAUX


Entendu à la radio, une bien sidérante nouvelle: le week end dernier, dans la commune de Cluny, Saône et Loire, s'est déroulé un championnat de Déterreurs de Blaireaux. Késaco? Le jeu, car ce semble en être un, consiste à traquer, à l'aide de chiens spécialement entraînés, les dits blaireaux dans leurs terriers. Ensuite, on extirpe la bestiole avec avec une paire de pinces. Le gagnant est celui qui en a attrapé le plus grand nombre en un temps limité. Il paraît que plusieurs centaines de « chasseurs » s'adonnent chaque année à cette sémillante distraction, qui aura une nouvelle fois lieu du 25 au 28 mai prochain, à Saint Bonnet Tronçais, dans l'Allier.
Outre ma naturelle et incurable aversion pour tout ce qui considère comme un passe-temps la traque de quelque animal que ce soit, je ne peux m'empêcher de m'interroger sur la haute portée symbolique de cette singulière activité: déterrer les blaireaux. Le blaireau, ou « meles meles » (merci Wikipédia), est un petit plantigrade de la famille des mustélidés, reconnaissable aux bandes longitudinales noires qu'il porte sur le museau. Une sorte d'omnivore Gordini, si on veut. Qui bouffe essentiellement des insectes et des rongeurs, mais aussi des tubercules en tous genres, ce qui , évidemment provoque l'ire des cultivateurs. Donc, c'est un animal « nuisible », comme on dit. OK. Moi qui passe ma vie à lutter (pacifiquement, à coups de répulsifs qui ne répulsent que mes narines à moi) contre les colonies de taupes qui transforment mon jardinet en terrain de golf, je peux comprendre. Mais là où ça m'épate, c'est quand les aficionados du déterrage de blaireaux, vilipendés par moult associations écologiques, rétorquent que, pas du tout, ils ne leur font même pas de mal aux petites bêtes, la preuve, ils les relâchent après. Ah bon, alors tout ça, c'est pour le plaisir ?
Du coup, c'est facile mais comment l'éviter, on se demande si les blaireaux, les vrais, sont bien ceux que l'on croit. Moi qui les fréquente assidûment, surtout le dimanche soir sur l'autoroute en direction de Paris, et qui en fait évidemment partie, je me permets de leur adresser ici une solennelle supplique : blaireaux, mes frères, vivons en paix les uns avec les autres. Peace and love, que chacun fasse son trou. Et gardons nous, tant que nous vivrons, de juger les blaireaux sur la mine.

vendredi 16 mai 2008

LA LA LA LA LA


Je me réveille en pleine nuit, une mélodie dans la tête. Excitant, il paraît que c'est comme ça que des tas de musiques épatantes sont nées, ritournelles venues d'on ne sait où pour se poser dans le crâne de leur futur créateur, de Mozart à Brassens, en passant par, pourquoi pas, Voulzy et Goldman. N'étant ni les uns ni les autres, je me rendors, résigné. Au matin, la scie est toujours là, obsédante, elle m'accompagne durant mes ablutions, me tient compagnie pendant le rituel café au lait. J'attrape un dictaphone et l'enregistre en chantonnant, la la la la. Puis n'y pense plus. A midi, là voilà qui rapplique. J'essaie d'en extirper les notes, la sifflote, la soupèse, la jauge. Pas mal du tout. Et si j'étais en train de composer un tube? Visions d'hôtels de luxe avec limo à dispo, hourras aux victoires de la zizique, Barbelivien jaloux, Pascal Nègre à mes pieds, la Sacem à ma botte, les charts qui s'emballent, la crise du disque enfin balayée.
Soudain, une intuition fulgurante, implacable, dévastatrice : j'ai déjà entendu ça quelque part. Fouillons dans ma mémoire de vieux rocker qui a quasiment assisté aux premiers vagissements des Stones et bercé les Kinks sur ses genoux. Peu à peu, arrivent les paroles, du plus profond de mon cervelet tortueux, « there she goes, there she goes again... » Ca y est, j'y suis. C'est un truc des La's, ce groupe liverpuldien mythique qui n'a enregistré qu'un album avant de disparaître dans on ne sait quelles limbes. Du coup, me prend l'envie de réécouter le disque en question. En fouinant sur le net, je découvre que la chanson a été reprise moult fois, par des gens aussi différents que Robbie Williams, The Boo Radleys, The Cranberries ou les improbables Sixpence None the Richer. Une chanson sublime dans sa simplicité mélodique et son riff de guitare aussi imparable qu'une défaite du PSG. Bon, pour le tube je repasserai.
Demain, je réinvente « Yesterday ».

mercredi 14 mai 2008

SALUT MAX


En 1979, deux hurluberlus enregistrent une maquette d'une chanson un peu branquignolle. Le truc est plutôt rythmé, n'a pas encore de paroles définitives, juste des onomatopées en « lavabo », avec un refrain qui fait à peu près « oh get it, get it ! ». Les deux compères, nommés Bashung et Bergman, ont déjà commis deux albums au succès mitigé, intitulés « Roman Photo » et « Roulette Russe », un genre de folk-rock à la fois traîne-savates et cyniquement classieux. Un éditeur entend la maquette en question et décide de la produire. Il s'appelle Max Amphoux. La suite, c'est Bashung lui même qui me l'a racontée, il y a quelques jours : « On a d'abord intitulé la chanson « Max Amphibie », à cause de Max, justement. On le taquinait parce qu'il était là avec son verre de whisky, et il nous regardait de travers pendant que nous, on s'envoyait des pétards. C'était aussi en pensant à Max que j'avais fait le morceau « Je fume pour oublier que tu bois » .... » Peu après, « Max Amphibie » est devenu « Gaby », le tube que l'on sait. Et Max Amphoux l'un des personnages les plus reconnus et respectés du métier.
Pendant plus de trente ans, son flair et son franc-parler lui ont permis de travailler avec une liste impressionnante d'artistes et d'auteurs aussi éclectiques que talentueux: en vrac, Lo'Jo, Moustaki, Capdevielle, Renaud, Marie Paule Belle, Catherine Ribeiro, Clarika, Michel Delpech, Kent, Etienne Roda-Gil, Brice Homs, La Grande Sophie, Tinariwen, Gilles Servat, Jean Guidoni, Enzo Enzo, Tri Yann et, évidemment, on en passe. Inutile d'énumérer non plus les nombreux prix, titres et récompenses qui lui ont été attribués, aussi bien que dans son métier d'éditeur-producteur farouchement indépendant que dans ses fonctions à la Sacem. Car Max Amphoux, avec sa verve, sa mine de Gabin bourru au coeur d'or, c'était surtout un sacré bonhomme, un type comme on n'en fait plus, droit et solide, un amoureux de la chanson qui s'est toujours tenu éloigné des fourberies et des lâchetés du show-business.
Max est parti cette nuit. Amphibie, tu nous manque déjà.

dimanche 11 mai 2008

IRON MAN, C'EST NUL !!!


Signé : Kit Carson, Ric Hochet, Oumpah Pah, Timour, Rob Roy, Modeste et Pompon, Ivanhoé, Natacha, Martin Milan, Diabolik, Pardaillan, Jacques Rogy, Jerry Spring, Thorgal, le Club des Cinq, Les Six Compagnons, le Clan des Sept, Buffalo Bill, Bibi Fricotin, Marc Dacier, Boule et Bill, Robin des Bois, Akim, Blek le Roc, Pépito, Chick Bill, Hamster Jovial, Nick Carter, Ulysse, Petit Poucet, Bécassine, Gil Jourdan, Gaston, Barbe Rouge,Gulliver, Babar, Pom et Teddy, Harry Potter, Tom Tom et Nana, Surcouf,Paulette, Moby Dick, Valhardi, Prudence Petitpas, Oliver Twist, Michel Vaillant, Sindbad, Nestor Burma, Pim Pam Poum, Zembla, Jim la Jungle, Jeremiah, King Kong, Capitaine Nemo, Pollux, Benoît Brisefer, Rocky, AchilleTalon, Kirikou, Fifi Brindacier, Valerian, Robinson Crusoé, la famille Man (Bat, Super et Spider), Franklin, Ali Baba, Quick et Flupke, Robocop, Fantomas, Hansel et Gretel, Simon du Fleuve, Rahan, Spirou, Barbe Noire, Yakari, Pinocchio, Harald le Viking, Kiri, Corentin, Bilbo, D'Artagnan, Gavroche, Fantomette, Barbapapa, Samson, Indiana Jones, Dracula, Zig et Puce, Clifton, Janique Aimée, Tif et Tondu, Ric Hochet, Lassie, Alix, Pif, Tanguy et Laverdure, Yoko Tsuno, Tintin, Mimi Cracra, Bob Morane, Tom Pouce, Bob le Bricoleur, Aladin, Sissi, Juge Ti, Blueberry, Jonathan, Iznogoud, Robur, Placid et Muzo, Petit Ours Brun, Don Quichotte, Titeuf, Gargantua, Astérix, Bernard Prince, XIII, Mowgli, Rank Xerox, Lucien, Corto Maltese,Lefranc, Kebra, Rantanplan, Capitaine Fracasse, Bob L'Eponge, Thierry la Fronde, Liteul Kevin, Fritz the Cat, Adèle Blanc Sec, Grand Meaulnes, Blake et Mortimer, Angélique, Arsène Lupin, Bruno Brazil, Chlorophylle, Sherlock Holmes, Dan Cooper, Fred, Mad Max, Michel Strogoff, Tarzan, Judge Dread, Martine, Scapin,Pan Pan, Tartarin de Tarascon, Oui Oui, Winnie, Dr Jekyll, Perceval, Vautrin, Le Cid, Goldorak, Monte-Cristo, Père Ubu, Lavarède, Quasimodo, Ramuntcho, Rocambole, Phileas Fogg, Popeye, Flash Gordon, Lucky Luke, Rambo, Cartouche, Tarass Boulba... (à suivre)

mercredi 7 mai 2008

LE RONCHON DU DIMANCHE



Envie de râler. Contre l'horripilante « Chanson du dimanche » qu'on nous inflige maintenant jusque sur Noos : vous êtes en train de consulter le guide des programmes pour savoir à quels navetons déjà vus et revus vous allez avoir droit ce soir à la télé, et paf,démarre une scie, au sens quasi-littéral du mot. On dirait un remix des regrettés Licence IV croisé avec un rebut des Charlots. Bon. On avait déjà les Fatals Picards, Marcel et son Orchestre et autres Blaireaux, dans le style comico-poujadiste, et après tout il faut de tout pour faire un monde. Sauf que là, il paraît que c'est un phénomène.
Le concept, mais vous le connaissez sûrement puisque ça fait un an que ça dure: deux loustics chevelus improvisent chaque dimanche une chansonnette sur des thèmes aussi exaltants que les grèves, les lundis au bureau, le pouvoir d'achat, les OGM, les déboires de Sarkozy, etc. Le tout est diffusé massivement sur internet et provoque des clics frénétiques, de quoi alerter n'importe quel patron de maison de disques qui, comme chacun sait, sont de redoutables découvreurs de talents nouveaux.
Pourquoi je m'énerve comme ça? Irascibilité de vieux ringard jaloux? Peut-être. Après tout, chanteur du dimanche, ça me connaît. Mais faudrait quand même dire au moins une fois -j'ai consulté la plupart des articles qui ont été consacrés au sujet, jusque dans Libé, sans l'ombre d'une critique- que c'est tout à fait naze. Musicalement, littérairement, mélodiquement. Qu'à côté, les chansonniers d'antan (Pierre-Jean Vaillard et sa tribu) font figure de génies de la rime et d'orfèvres des harmonies. Une fois prononcé ce jugement péremptoire, moi qui vit le cul entre deux chaises, ou plutôt deux mondes en perte de vitesse, presse écrite et industrie du disque, je ne peux m'empêcher de penser avec effroi que ces gaillards là, ceux de La Chanson du Dimanche, ont peut-être dégotté la solution en mélangeant les deux: une chanson qui donne des nouvelles, et gratuitement, comme si Christophe Willem écrivait des articles dans Métro.
Après tout, débrouillardise et franchouillardise, ça rime. Si ça se trouve, ils vont en faire une chanson. M'en fous, je ne regarde plus la télé le dimanche.

mardi 6 mai 2008

J'IRAI FLASHER SUR VOS TOMBES



Dimanche dernier, coincé à Paris, soleil resplendissant, que faire ? Idée: une balade au Père Lachaise. Après tout, c'est le plus bel espace vert de Paris et puis j'aime bien les cimetières. Rien de morbide ni de nécrophile là dedans, juste une sensation de calme, d'humanité reposée. Comme une tendresse émue pour ces vies résumées en quelques dates, ces noms qui résonnent avec plus ou moins de familiarité, parfois involontairement comiques (j'y ai vu M. Bacon gisant à côté de M. Jambon), ces alignements de stèles de toutes formes, d'architectures variées, ultimes signes extérieurs de richesse ou de simplicité : de la chapelle ornée de statues baroques à la sobre dalle à même le sol, souvent envahie par la mousse. Sentiment aussi de se préparer à l'échéance, comme si on visitait une future résidence. Curieux mélange de curiosité, de respect et d'émotion.
Au Père Lachaise, comme chacun sait, il y a plein de célébrités. De la tombe de Jim Morrison (j'ai toujours refusé de m'y rendre, dissuadé par les multiples reportages montrant un caveau grafitté, avec colliers hippies et canettes de bière abandonnées, sordide) à celle d'Allan Kardec, le druide qui inspire encore des tas de pélerins pas tous gaulois, sous sa sépulture en forme de dolmen bétonné. Au hasard d'une allée, on croise Edith Piaf, tête bêche avec Henri Salvador. Plus loin, un attroupement devant Gilbert Bécaud, aux côtés de Marie Trintignant. Et puis les classiques, Molière, La Fontaine (entendu un guide expliquer à un groupe de touristes qu'en fait, ni l'un ni l'autre n'étaient là, un peu comme les rois de France à Saint Denis), Victor Hugo, Delacroix, Géricault. Des tas de députés et membres de l'Académie des sciences aux barbiches typiquement XIXème siècle et dont certains ont donné leur nom à des rues de Paris, comme Gay-Lussac, Ordener ou Ledru Rollin. Bref, une leçon d'histoire aussi.
Et puis soudain, au détour d'un chemin ombragé, une petite tombe, visiblement récente, sans inscription, avec juste une photo encadrée posée sur le marbre. Le visage ne m'est pas inconnu, je m'approche. Mais oui, c'est l'acteur qui jouait le rôle du directeur dans la série télévisée « Palace ». Le même qui faisait de la pub pour une compagnie d'assurances, celui dont un client irascible répétait à l'envie « je l'aurai, un jour je l'aurai... » Un personnage devenu familier, même si l'on ne connaissait pas forcément son nom: Philippe Khorsand. Voilà. Cette découverte m'a rendu triste, comme si j'avais brusquement découvert qu'un proche qui ne donnait plus de nouvelles avait disparu. Du coup, le Père Lachaise ne sera plus comme avant pour moi. Wilde, Apollinaire, Balzac, Beaumarchais, Musset ou Modigliani, vous avez été soudain supplantés par ce Philippe dont j'ignorais même le patronyme. Ça m'apprendra à me balader dans un cimetière, un dimanche après midi ensoleillé.