
Je suis triste pour Djibril. La nouvelle est tombée comme un couperet, hier après midi. L'autre là, le méchant coach poivre et sel, avec sa prunelle sadique et son sourire torve, ne l'a pas sélectionné pour l'Euro. Cissé viré, mais dans quel monde de foot on vit ? D'accord, je ne suis pas spécialiste de ballon rond, ni même ovale, sauf sur le zinc, mais quand même. J'aime bien Djibril. Il a de l'allure, quelque part entre guerrier massaï et couverture de GQ, avec sa crête de huron blond et ses tatouages sioux. Quand il cavale sur un terrain, on ne voit que lui , un peu comme quand Clint Eastwood grimpe les marches à Cannes. Aucune ressemblance entre ces deux là, me direz vous. Si, la classe, une sorte d'élégance animalement naturelle, de souple décontraction virile que n'ont par exemple ni Franck Ribéry ni Tom Cruise, pour rester dans le monde du show biz.
Il est vrai que le dandysme, même sexy, ne suffit sans doute pas pour bien jouer au football. On prétend que Djibril ne marquait plus beaucoup de buts ces temps derniers. Et alors? Si on congédiait tous les gens qui connaissent des passages à vide, je n'aurai pas bossé vingt-cinq ans dans le même journal.
Moi, si j'étais pubeur (c'est comme ça qu'on les appelle, j'ai lu Beigbeider) je foncerais sur l'occasion. Imaginez le spot : gros plan sur l'athlète, avec fond de pelouse verte, joueurs qui trottinent et tribunes qui bruissent. Zoom arrière: en fait, il est chez lui Djibril, en train de regarder la télé. Réplique: « Vous croyez que je ne participe pas à l'Euro? Au contraire, grâce à l'écran plat Machin, je suis en plein dans l'action. Encore mieux que sur le terrain ! » Slogan: « Avec l'écran plat Machin, faites comme Cissé, vivez l'Euro comme si vous y étiez ! » Aux anges, l'annonceur. A moi les pépètes.
Et au fait, quelqu'un aurait des nouvelles de Chabal ?













