
Bu quelques verres de vin blanc en compagnie d'un gentleman batave de passage à Paris. Henk Hofstede est le leader-guitariste-chanteur des Nits, le meilleur groupe hollandais du monde, depuis Shocking Blue et Golden Earring. Un groupe que les radios françaises s'obstinent à ignorer, malgré le format universellement pop des chansons de ce trio virtuose, dont la musique chatoyante et inventive rappelle indifféremment les Beatles, Talking Heads ou Crowded House. Avec la touche flamande en plus, ce mélange excentrique d'impressionnisme érudit et d'humour nonsense. Un groupe qui compte de fervents afficionados parmi les journalistes... et même parmi les programmateurs radio qui pourtant ne le diffusent pas. Allez comprendre.
Le dernier album, déjà le dix-huitième pour les Nits qui ont débuté en 1974, s'intitule « Doing the dishes », traduisez « faire la vaisselle ». Un titre qui, selon Henk, lui a été inspiré par une interview de Leonard Cohen, dans laquelle ce dernier affirmait que pour lui, la musique était idéale pour les mariages, les enterrements et... la vaisselle. Grand admirateur de Cohen (il a enregistré un album entier de reprises leonardiennes sous l'intitulé d'Avalanche Quartet), Henk est aussi un fan de Dylan, de McCartney et de ... Michel Polnareff. Il y a plusieurs années, un producteur hollandais lui avait même demandé d'adapter en néerlandais le « Femme que j'aime » dudit Popol. Le projet n'a pas abouti mais la version inédite traîne quelque part dans les tiroirs de Henk.
Si ça se trouve, il la ressortira à l'occasion du concert parisien des Nits, le 16 mai prochain à l'Alhambra. Un concert dont le décor scénique, rituellement original, sera cette fois constitué d'une centaine de lampes ( chevet, bureau, loupiotes ou lampadaires) ramassées et collectionnées depuis des... lustres par l'ingénieur du son. De quoi péter les plombs. De vrais illuminés, ces Nits.










