
Quand on lui demandait le secret de sa longévité, Winston Churchill répondait avec malice, tout en suçotant son cigare : « no sport ! » C’est cette formule comico-cynique qu’a choisie Rodolphe Burger pour baptiser son prochain album. Pourtant, du sport, il en fait à sa façon Rodolphe. Depuis qu’il a quitté les rangs de l’éducation nationale où il enseignait la philo, il y a un bail, l’ex-leader de Kat Onoma n’a pas arrêté. Outre les albums de son groupe, il s’est lancé dans une carrière solo, tout en gérant son label Dernière Bande, organisant un festival annuel dans sa vallée vosgienne natale, croisant le fer avec des tas de musiciens tous azimuts, du guitariste américain James Blood Ulmer au clarinettiste breton Erik Marchand en passant par un orchestre de l’Ouzbékistan, composant des musiques de films, des chansons pour Bashung, réalisant les albums des autres, comme ceux de Françoise Hardy, Jeanne Balibar ou Jacques Higelin. Pas mal pour un adepte de Lafargue, l’auteur du « Droit à la paresse », et de Lessing, à qui on attribue cette sublime devise anti-sarkozienne : "Paressons en toutes choses, hormis en aimant et en buvant, hormis en paressant."
Rodolphe Burger donc, est infatigable. On ne le dirait pas, à voir sa grande carcasse de doux timide. Surpris lundi dernier à Lille, où il s’est installé une dizaine de jours pour répéter ses prochains concerts, il nous a donné l’occasion de redécouvrir son étonnant jeu de guitare au sustain à la fois aérien et plombé, mélange métallique de moiteur velvetienne et de lenteur vaudou, avec cet art de tapisser l’espace sonore dans ses moindres recoins, sans débauche de décibels inutiles ni vaine exhibition de virtuosité.
Le dernier disque de Rodolphe lui ressemble, c’est bien le moins. Un recueil de titres au talk-over sombre et mélodique, collage de textes signés pour la plupart Olivier Cadiot sur ces accords burgeriens immédiatement reconnaissables et une production de Doctor L. En prime, un étonnant duo avec Rachid Taha, intitulé « Arabécédaire », ou comment apprendre l’arabe en deux riffs trois mouvements. Ce disque, qu’il défendra bientôt sur scène en trio, on ne l’entendra évidemment ni sur NRJ ni sur Skyrock, peut-être un peu sur France Inter. Et c’est tant mieux. Si on lui demande un jour le secret de sa longévité, Rodolphe Burger pourra répondre, avec ce sourire zen qui le caractérise : « no daube ».
Rodolphe Burger donc, est infatigable. On ne le dirait pas, à voir sa grande carcasse de doux timide. Surpris lundi dernier à Lille, où il s’est installé une dizaine de jours pour répéter ses prochains concerts, il nous a donné l’occasion de redécouvrir son étonnant jeu de guitare au sustain à la fois aérien et plombé, mélange métallique de moiteur velvetienne et de lenteur vaudou, avec cet art de tapisser l’espace sonore dans ses moindres recoins, sans débauche de décibels inutiles ni vaine exhibition de virtuosité.
Le dernier disque de Rodolphe lui ressemble, c’est bien le moins. Un recueil de titres au talk-over sombre et mélodique, collage de textes signés pour la plupart Olivier Cadiot sur ces accords burgeriens immédiatement reconnaissables et une production de Doctor L. En prime, un étonnant duo avec Rachid Taha, intitulé « Arabécédaire », ou comment apprendre l’arabe en deux riffs trois mouvements. Ce disque, qu’il défendra bientôt sur scène en trio, on ne l’entendra évidemment ni sur NRJ ni sur Skyrock, peut-être un peu sur France Inter. Et c’est tant mieux. Si on lui demande un jour le secret de sa longévité, Rodolphe Burger pourra répondre, avec ce sourire zen qui le caractérise : « no daube ».













