jeudi 27 décembre 2007

HAPPY NEW YEAR


Cathedrale d'Edimburgh, Ecosse, 25 decembre 2007, 17h30

vendredi 21 décembre 2007

pensée des vacances

"Un con est un imbécile qui n'a de cet organe ni la profondeur ni la saveur" Léo Campion

mercredi 19 décembre 2007

COUPS DE PHIL


Cette nuit, la sonnerie stridente du téléphone m’extirpe d’un rêve agréable, quoique sans Carla Bruni. Trouver le commutateur à tâtons, jeter un œil sur l’horloge : il est 3 heures 34 du matin. Décrocher, encore dans le cirage mais vaguement inquiet. Au bout du fil rien qu’un « bip bip bip » sinistre. On a raccroché. Qui ? Qui peut bien appeler à cette heure-ci ? D’autant que le numéro, tel Zorro, est farouchement masqué. Une erreur ? Une alerte à la bombe (non, pas Carla Bruni) ? Un plaisantin ? Un copain ivre mort au sortir d’une discothèque ? Un jeu radiophonique à Hong Kong ? Un proche malade ou en danger ? Que faire ? Rappeler tout mon carnet d’adresse pour vérifier ? Attendre, le cœur battant et les prunelles bouffies, que le téléphone sonne à nouveau ? Se rendormir en maugréant ? Oui mais impossible de refermer l’œil. Reste plus qu’à compter les moutons, ou les barils de pétrole, jusqu’au petit matin.
Je sais, ce genre de trucs arrive à tout le monde. Mais moi, ça m’angoisse. Je me sens soudain vulnérable, à la merci du premier pervers venu, comme dans « Scream ». J’imagine un type secoué d’un ricanement sardonique, guettant dans l’ombre l’occasion la plus propice pour se livrer à quelque forfait inavouable. Moi, je suis endormi, innocent, tout nu, pas armé, comment me défendre ?
Être dérangé par le téléphone, ça fait partie de la vie moderne. La journée, ça va encore. Les types qui veulent vous vendre du double vitrage ou des conseils pour économiser sur les impôts, faut bien qu’ils gagnent leur vie. On dit non merci, on raccroche poliment et fermement. Mais en pleine nuit… ça fout les jetons. Évidemment, je ne saurai jamais qui a composé mon numéro, comment il se l’est procuré et dans quelle intention. Quelque part sur la planète, il y a quelqu’un qui est capable de m’appeler à n’importe quelle heure, sans vergogne ni pudeur. Et ils sont six milliards comme ça. Statistiquement, si on tient compte du décalage horaire, ça fait combien d’appels nocturnes possibles dans l’année ? Rien que d’y penser, j’en fais des cauchemars. Dire que Carla Bruni n’a même pas mon numéro…

mardi 18 décembre 2007

VIVE LA FRANGE !


lundi 17 décembre 2007

POURQUOI ?

-La minuterie du palier s’éteint quand on est au milieu de l’escalier
-Il y a forcément quelqu’un qui passe derrière quand on veut reculer dans un parking
-Les fermetures éclair finissent invariablement par se coincer
-Les prises péritel ont toujours des faux-contacts
-On s’aperçoit trop tard qu’il n’y a plus de papier dans les toilettes
-Il se met à pleuvoir dès qu’on sort nue-tête
-Il y a grève précisément quand on entreprend un voyage
-Les piles sont usées quand on a besoin d’une lampe torche
-Les sèche-cheveux tombent en panne sans prévenir
-On casse un lacet quand on est en retard
-Les ampoules électriques pètent en même temps alors qu’on n’en a qu’une de rechange
-On ne retrouve jamais ses lunettes
-Il manque toujours une chaussette
-On a balancé justement le relevé de compte bancaire qu’on cherchait
-On vous demande une cigarette quand c’est la dernière
-On est en retard quand vous êtes en avance et vice-versa
-On est systématiquement le seul à avoir les yeux rouges ou à être flou sur une photo de groupe
-On est pris d’un fou-rire pendant les enterrements
-On a envie de pleurer pendant les mariages
-Il est impossible de retrouver son vieux disque préféré alors qu’on est sûr de ne pas l’avoir prêté
-On a un bouton sur le nez alors qu’on doit se rendre à une soirée
-Le téléphone sonne dès qu’on est sous la douche
-L’ordinateur bugge au moment cruc…

vendredi 14 décembre 2007

BUFFET DE L'HAGARD


Les mondanités, ça n’est pas ma tasse de bière. Ma coupe de champagne, plutôt. D’ailleurs, je déteste le champagne, c’est acide et ça vous donne mauvaise haleine. C’est « carminatif » aussi, comme m’a dit une fois une dame très chic, même qu’il a fallu que j’aille ensuite consulter le dictionnaire. Les mondanités sont pour moi une épreuve qu’il faut bien surmonter de temps en temps, histoire de montrer qu’on est toujours là, dans le coup, bon pied bon œil, ça va et toi, que deviens-tu. Et puis le bar et le buffet sont gratuits.
L’autre soir, j’ai donc sacrifié à ce rite très parisien, pour fêter la sortie de la nouvelle formule d’un magazine musical qui parle, vous n’allez pas me croire, de musique. Ça se passait dans un ancien club de strip-tease de Pigalle devenu restaurant très branché, mais sans les entraîneuses. L’occasion, une fois de plus, de constater à quel point les cocktails mondains transforment les gens. Étonnant de voir comment des spécimens pourtant d’ordinaire urbains, polis et civilisés, se métamorphosent en pithécanthropes brutaux et affamés. Comment des gens bien mis vous bousculent sans pitié pour accéder au buffet, comme s’il fallait attraper l’unique rame un jour de grève à la Ratp. Engloutissent à la chaîne les sandwiches beurre-saumon (« c’est nul, y’a même pas de sushis… ») comme s’ils n’avaient rien ingurgité depuis thanksgiving. Vous parlent la bouche pleine, vous postillonnent à l’oreille, ou interrompent sans vergogne une conversation passionnante sur le réchauffement de la planète ou l’avenir du disque. Ou comment un seul type peut vous accaparer pendant une plombe avec ses soucis familiaux alors que vous n’avez qu’une idée, vous enfuir en courant pour rejoindre la vôtre, de famille.
Les buffets mondains, c’est un métier. Un art, même. L’art de se donner une contenance, son verre à la main, quand on ne connaît personne dans l’assemblée. L’art de faire semblant de reconnaître des gens alors que vous n’avez aucune fichue idée de qui diantre ça peut bien être. L’art de rester évasif sur ses projets ou de faire mine de s’intéresser à ceux des autres. L’art de s’échapper enfin, en prétextant une course urgente, une baby-sitter onéreuse ou un appel des pompiers.
Une fois dehors, facile de s’imaginer la suite des conversations. « T’as vu Barbot, il n’a pas l’air en forme, il a fait la gueule toute la soirée. »

jeudi 13 décembre 2007

pensée du jour (4)

«Je n’y connais rien en musique, dans mon domaine, on n’est pas obligé» (Elvis Presley)

mercredi 12 décembre 2007

GOOD TIMES, BAD TIMES



Ça fait plusieurs fois qu’on me demande : « alors, hein, tu as été à Londres voir Led Zep ? » Ben non, désolé, pas convié, pas les moyens. Hier soir quelqu’un m’a dit qu’il y avait eu six millions (?) de demandes pour ce concert et que certaines places se vendaient à 4000 euros ( ? ?) au marché noir. Ça me paraît difficile à croire, mais la rumeur est à la hauteur de l’événement : la reformation du groupe le plus mythique de l’histoire du rock, loin devant le Velvet Underground et Police.
Reformation ? D’abord il en manque un, John Bonham, parti tambouriner dans les nuages un soir trop arrosé de septembre 1980. Ensuite, Page et Plant s’étaient déjà retrouvés à deux reprises, même que cette fois j’y étais. Oui, mais ce coup-ci, il y avait John Paul Jones, le bassiste originel. Et le fils de Bonham à la batterie. C’est marrant comme les fils de stars aiment à remplacer leur père, de Dweezil Zappa à Zak Starkey.
Je me souviens très bien du choc ressenti à la première écoute de l’album « Led Zeppelin II ». Jamais rien entendu de pareil, même que ça reléguait Cream et Steppenwolf au rang d’aimables troubadours gentillets. J’avais couru m’acheter une guitare à double manche (une Jacobacci, pour les connaisseurs), pour faire comme Jimmy. Bûché pendant des heures le solo de « Since I’ve been loving you » et les arpèges de « Stairway to heaven », sur les albums suivants. Bref, fait comme tous les guitaristes en herbe de l’époque qui avaient envie d’aller plus loin que « Jeux interdits » et « Le pénitencier ».
Les reformations, ça fait toujours un peu peur, à cause des cheveux blanchis et des bedaines inévitables. Mais ça rassure aussi, parce que ça donne un sérieux coup de frein au temps. À lire les nombreux comptes rendus dithyrambiques dans la presse du lendemain, les gars du Dirigeable ont réussi leur coup, l’autre soir à Londres. Voilà qui devrait donner des idées aux Kinks, aux Them et autres Animals.
Au fait, les Stones, ils se reforment quand ?

mardi 11 décembre 2007

TOUTOU POUR MA CHÉRIE


Ma copine a un chien. Une chienne, pour être précis. Moi j’aime bien les chiens, et les chiennes aussi, même si je n’en ai jamais eu. Quand j’étais petit, je rêvais d’avoir un rat apprivoisé, comme dans le film « Willow ». Finalement, j’ai eu un lapin. La chienne de ma copine, il faut la sortir au moins trois fois par jour et souvent, c’est moi qui m’y colle. Avant, je trouvais toujours un peu ridicules ces gens qui trottinaient derrière leur toutou en attendant qu’il daigne lever la patte. D’autant qu’avoir un chien à Paris, c’est comme une bagnole, c’est galère. Il y a deux sortes de parisiens, ceux qui ont un chien et ceux qui n’en ont pas, comme ceux qui ont une voiture et ceux qui n’en ont pas (les propriétaires de 4X4 étant une race à part). Les piétons râlent contre les voitures et en plus, ils marchent dans les crottes de chiens. Être piéton à Paris, c’est galère.
Donc, je vais promener le chien, pardon, la chienne. J’ai mon parcours rituel, toujours le même, enfin c’est plutôt le sien, à la chienne. Pendant qu’elle hume consciencieusement les jantes des bagnoles ou les traces suspectes aux pieds des lampadaires, moi j’allume un clope, je sifflote, j’essaie de prendre un air dégagé. Je ne sais pas pourquoi, mais promener un chien, je trouve ça vaguement honteux. Comme si j’étais le seul fautif de tous les excréments ramassés sur toutes les semelles de tous les piétons parisiens. D’ailleurs il y en a, des piétons, qui me dévisagent curieusement. Pourtant, je ramasse, j’ai un petit pochoir en plastique dans la poche, mais bon, je ne sais pas pourquoi, je me sens quand même coupable. Mon éducation judéo-chrétienne sans doute.
Le pire, c’est quand on croise les autres propriétaires de chiens. Une fois que nos quadrupèdes chéris se sont minutieusement reniflé le derrière, les maîtres en question se croient obligés de faire la conversation, du genre « c’est quelle race ? », « il a quel âge ? » et « c’est quoi son petit nom ? » On dirait la sortie de la crèche au coin de la rue. Promener un chien, c’est comme pousser un landau, ça crée des liens. Sauf que moi, je n’ai qu’une envie, que ma chienne me ramène à la maison. Ce qu’elle finit par faire, elle m’aime bien la chienne de ma copine, elle se sent solidaire.
Dommage pour elle et moi : jamais on ne croise de lapins.

lundi 10 décembre 2007

MES ÉTATS D'AMÉRIQUE


Hier, dimanche à la campagne, crachin, bise, frimas, humus et feuilles mortes. L’occasion de faire des rangements. Retrouvé dans une pile de vieux vinyles, un disque tout craquant (où ai-je fourré ce damné chiffon « antistatique » qui dorlotait jadis mes sillons ?), un « best of » à la pochette colorée. Un bail qu’on ne l’avait pas sorti de son étui de cellulose. Une fois l’objet posé sur la platine, après le traditionnel « schtonk » du diamant qui dérape, une myriade grésillante de guitares acoustiques s’échappe des haut-parleurs. Madeleine de Proust. Je me revois à seize ou dix-sept ans, crin hirsute, lunettes à la Lennon, jeans pattes d’éph’, accroupi en compagnie d’indigènes de la même tribu, dodelinant religieusement de l’occiput en tirant sur un mégot carbonisé. « A horse with no name », fastoches les accords, fallait juste trouver la voix de tête adéquate.
America, drôle de nom pour un groupe. Imaginez un orchestre hexagonal qui se serait intitulé « France », le bide. Sauf que là, encore plus gonflé, ils étaient anglais, les America. De Londres. Je ne me souviens de rien d’autre, pas un patronyme de musicien (un trio, je crois), pas même un visage. À peine quelques titres de chansons. En gros, ça sonnait comme un succédané de Crosby, Stills, Nash et des Eagles réunis, quelques ressemblances avec le « Harvest » de Neil Young, aussi. Le tout produit par George Martin, excusez du peu. Canevas de guitares sèches, harmonies vocales, mélodies au cordeau, juste ce qu’il fallait de mièvrerie pour provoquer un agréable engourdissement aux senteurs de feu de bois et de crépuscule flamboyant.
Je sais, America n’avait point les faveurs de la féroce critique rock. Trop lisse, trop poli, un tantinet gnan-gnan. De la country-folk grand public, bonne pour les futurs vieux hippies. J’assume. Mais là, trente-cinq ans après, par un après-midi dominical morne et venteux, voilà que la magie fonctionne à nouveau. Comme l'antique camion de pompiers Solido retrouvé dans le grenier, à la peinture écaillée mais aux pneus quasi intacts. Nostalgie certes, mais surtout bonheur candide de renouer avec un passé à la douceur oubliée.
Dimanche prochain, s’il ne fait pas beau, je ressors mes vieux Byrds.

jeudi 6 décembre 2007

AMENDE HONORABLE


Ce matin au courrier, une lettre frappée du sceau de la République Française (au fait, c’est qui la Marianne actuelle, Ophélie Winter, Daniela Lumbroso, Jenifer ?). Tiens, me citerait-on à l’ordre national du mérite ? A moins que ce ne soit une invitation pour la prochaine garden-party de l’Elysée. Pas du tout : « Vous avez fait l’objet, le 13/08/2007 à 10h50 à Loucelles d’un procès verbal pour avoir commis une (des) infraction(s) au code de la route entraînant retrait de points. » Diantre, quelle infraction ? Grillé un feu rouge, roulé à 175 km/h, téléphoné en fumant au volant, fait un bras d’honneur à un pandore ? Mystère. Et que pouvais-je bien fabriquer un 13 août à 10h50 à Loucelles ? Aucun souvenir. Et d’abord, c’est où, Loucelles ?
Pourtant, c’est bien de ma voiture dont il s’agit, numéro de plaque minéralogique à l’appui. Ah, j’y suis, j’ai dû la prêter. Oui, mais à qui ? Quel casse-tête. Moi qui croyais être un conducteur exemplaire. Le genre à piler dès qu’une maman avec un landau fait mine de traverser, à freiner avant que le feu ne vire à l’orange, à me ranger sur le côté de la route pour laisser passer les motards (ceux qui disent merci avec les pieds, comme dans la chanson de Sanseverino), à scruter minutieusement le rétroviseur avant de déboîter… Ben non, Barbot, t’es un chauffard, les habitants de Loucelles peuvent en témoigner. Ca flanque un coup. Tout un monde d’illusions qui s’écroule. Que n’ais-je tant vécu que pour cette infamie…
D’autant que la suite du message n’est pas plus claire : « Aux termes du 1er alinéa de l’article L.223-6 du code précité, si le titulaire du permis de conduire n’a pas commis une nouvelle infraction dans le délai de trois ans à compter de la date du paiement de la dernière amende forfaitaire, de l’émission du titre exécutoire de la dernière amende forfaitaire majorée, de l’exécution de la dernière composition pénale ou de la dernière condamnation définitive, son permis est affecté du nombre maximal de points. » Attendez, c’est moi qui suis affecté, là. En gros, tiens-toi à carreau pendant trois ans, c’est ça que ça veut dire. Surtout, évite soigneusement Loucelles.
Heureusement, un copain m’a remonté le moral : « T’as perdu un point sur ton permis ? C’est pas la mer à boire. Bienvenue au club ! Allez, on va arroser ça ».

mercredi 5 décembre 2007

P'TIT BLUES




« Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter. »
(Cioran, « Syllogismes de l'amertume » )


Je veux éliminer ce petit blues tenace
Ce mouron du matin, ce spleen de guerre lasse
Et je veux oublier ces langueurs monotones
Ces malheureux violons, ces notes qui détonnent
Pour semer sous tes pas tout un tapis de roses
Célébrer tes appâts jusqu'à l'apothéose
M'injecter tout de toi et risquer l'overdose
Me glisser dans tes bras et bien plus, si je l'ose

Je veux changer de peau, balancer aux orties
Tous mes vieux oripeaux, mes tracas, mes ennuis
Je veux désintégrer ce bourdon qui résonne
Et troquer sans traîner ces rengaines qui ronchonnent
Pour entonner vraiment des chansons à tue-tête
Tirer intensément des plans sur la comète
Enfiler des gants blancs et des habits de fête
Espérer gentiment rejoindre ta couchette

Je veux tuer enfin ce petit blues tenace
Ces quatrains sans entrain, ces rimes à la ramasse
Ces couplets tout chagrins, ces mélopées fugaces
Et ces pauvres refrains qui riment avec hélas
Pour t'écrire à la hâte comme une symphonie
Un lied, une cantate, une ode, une homélie
Un tube qui t'épate, un air qui te rallie
Pour pouvoir prendre date et finir dans ton lit

mardi 4 décembre 2007

COMMUNIQUÉ


Je suis comme tout le monde ou presque. J’ai un téléphone mobile, un vieux modèle qui fonctionne toujours et dont j’ai tendance à donner le numéro à tort et à travers. Je laisse des tas de messages sur des tas de répondeurs et j’en reçois aussi, vu que je décroche rarement. J’écris des textos et des SMS (je sais, c’est pareil), mais je n’ai toujours pas trouvé la touche « ^ », c’est bien bete. Je suis abonné à internet, j’ai ma ration quotidienne de spams qui me conseillent d’allonger mon pénis. Je gratouille la guitare, alors j’ai une page sur Myspace, je peux faire écouter mes chansons, avoir plein d’amis à travers le monde, jusqu’à Saint Pierre et Miquelon si je veux. Je suis aussi sur Facebook, même si je n’y comprends rien, là encore j’ai beaucoup d’amis mais je les connaissais déjà avant. J’essaie de rédiger un blog tous les jours, sauf le week-end parce que c’est le week-end. Parfois, il y a des internautes (j’aime bien le mot, ça fait explorateur intrépide) qui me laissent des commentaires et je suis content.
Je me souviens d’une chanson qui disait « La solitude, ça n’existe pas ». Non, mais quel boulot.

lundi 3 décembre 2007

HONNI SOIT QUI MALONE Y PENSE


Ça fait longtemps que je suis fan de Vincent Malone. Qui ? Le Roi des Papas, c’est comme ça qu’il se surnomme (moi aussi, de temps en temps, surtout depuis que j’ai offert à mon petit dernier la nouvelle console Nitendo DS et que je ne suis pas fichu de m’en servir, ce qui l’arrange bien, le petit dernier). Vincent Malone donc, le Roi des Papas, enregistre des disques et fait des concerts (le prochain c’est le 16 décembre à La Cigale).
En principe c’est pour les enfants, mais, je ne suis pas le seul, il y a des parents qui en raffolent. Faut dire que l’univers de Malone n’a rien à voir avec celui de Goya, la chanteuse, pas le peintre. Ça ressemblerait plutôt à du Gotlib mâtiné de Professeur Choron, avec un zeste de Jarry et une gousse de Groland, références dont les enfants se soucient comme de leur premier tricycle. C’est un peu pipi-caca mais pas trop, ça reste convenable, second degré, et c’est surtout désopilant. Par exemple sa relecture de Blanche Neige, imaginée sous les traits d’un cochon dodu, vaut à elle seule un an de Guignols de l’Info.
Vincent Malone est un bricolo rigolo. Une simple chaussette lui suffit pour créer une galerie de personnages loufoques. Ca fait longtemps que je n’avais pas hurlé de rire en regardant une chaussette. Malone concocte aussi des clips, avec des découpages, des ombres chinoises et quelques doigts. C’est un peu le Méliès de la vidéo. Comme si ça ne suffisait pas, il est trompettiste (on a pu l’apercevoir jadis faire des vents dans des émissions comme Champs Elysées ou l’Académie des Neuf) et enregistre des disques dans lesquels il martyrise les standards de la variété. Les jours de cafard, il y en a, il suffit que je me repasse sa version du « Jardin d’Hiver » de Salvador ou de « The sound of silence » de Simon et Garfunkel pour que tout s’éclaire à nouveau.
Dans le civil, Vincent Malone travaille dans la pub, oui, comme avant lui Gotainer ou Beigbeider. Le week-end, il file dans le Perche, dans sa maison de campagne près de Nogent- le-Rotrou. Là, il épluche le journal local, qui s’intitule, fallait y penser, « Le Perche ». Armé d’une paire de ciseaux, il découpe soigneusement photos et légendes illustrant la foire au boudin, le concert de l’Harmonie municipale, le banquet des Aînés ou le départ à la retraite de l’adjudant de gendarmerie. Coupures de presse qu’il a rassemblé telles quelles, de 1995 à 2000, dans un bouquin intitulé « Le Perche à l’aube du troisième millénaire » (Les Editions Tagaro). Une succession de clichés qui se passent de commentaires, témoignages comico-sociologiques d’existences ponctuées par les tournois de scrabble et les concours de pêche. Un regard nullement teinté de condescendance parisianiste, et qui, même s’il provoque souvent le fou-rire, est empreint d’une infinie tendresse mélancolique. Malone, ça fait du bien.