1929 - 2009
lundi 1 juin 2009
vendredi 15 mai 2009
SOUS LA PLUIE
On s’était promis
Le soleil et le paradis
Et tant de climats inédits
On s’était juré
La passion, la fidélité
Sous des cieux plus bleus qu’en été
Mais trop longtemps j’ai pris le pli
De t’attendre sous la pluie
Aujourd’hui je me replie
A toi qui m’avais tant plu
Je te le dis tant et plus
Je te plains mais n’en peux plus
Allez, laisse aller
Tant de nuages amoncelés
Ont notre destinée scellé
Dans ton jeu j’ai trop peu lu
J’ai fait le plein, tout au plus
L’amour dont j’étais empli
Laissé en plan sous la pluie
A pris l’eau et puis pâli
Maintenant qu’il ne pleut plus
De toi je ne veux plus
Le soleil et le paradis
Et tant de climats inédits
On s’était juré
La passion, la fidélité
Sous des cieux plus bleus qu’en été
Mais trop longtemps j’ai pris le pli
De t’attendre sous la pluie
Aujourd’hui je me replie
A toi qui m’avais tant plu
Je te le dis tant et plus
Je te plains mais n’en peux plus
Allez, laisse aller
Tant de nuages amoncelés
Ont notre destinée scellé
Dans ton jeu j’ai trop peu lu
J’ai fait le plein, tout au plus
L’amour dont j’étais empli
Laissé en plan sous la pluie
A pris l’eau et puis pâli
Maintenant qu’il ne pleut plus
De toi je ne veux plus
lundi 6 avril 2009
mardi 31 mars 2009
LE RETOUR DE JEAN-JACQUES

Je suis retombé sur lui en faisant des rangements. Borgne, pelé, puant, mais toujours cette physionomie aimable, cette douceur résignée, cette bienveillance consentante qui faisaient son charme quand il était jeune. Je l’ai reconnu immédiatement, même si il y avait plusieurs décennies que je ne l’avais pas blotti dans mes bras. Je ne sais pas pourquoi, je l’avais baptisé Jean-Jacques. Drôle de nom pour une peluche… Pourquoi pas Pardaillan, Lancelot ou Fracasse, mes héros de l’époque (invariablement incarnés par Jean Marais dans les films d’Hunebelle) ? Celui de mon frère, je m’en souviens, s’appelait Bruno, c’était pas vraiment mieux.
En fait, je n’ai pas beaucoup de souvenirs communs avec Jean-Jacques. Sans doute n’étais-je pas du genre à lui faire des câlins, à lui raconter des histoires ou à le trimballer partout. Juste une présence rassurante, familière, juchée sur une étagère ou vautrée les quatre fers en l’air sur la moquette.
L’autre soir, sur une chaîne du câble, je regardais un film de science fiction, genre série B, intitulé « Screamers ». Une histoire de robots pervers capables de prendre toutes les formes et les apparences (enfant, copain, jolie femme, etc) pour, évidemment, tuer tous les humains et conquérir la planète. A la fin, après en avoir bousillé un maximum à coups de fusil laser, le héros réussit à se barrer dans sa capsule spatiale. Sauf qu’il n’a pas vu, abandonné juste derrière son siège de pilote, un ours en peluche agité de soubresauts. Le film se termine comme ça, on imagine la suite…
Curieux comme l’image du nounours hante l’inconscient collectif, me disais- je en moi-même (sans doute n’avais-je rien d’autre à faire). Du teddy bear d’Elvis Presley à la créature démoniaque des nanars d’épouvante, l’ours en peluche nous accompagne, enfant ou adulte, à travers les générations. Depuis son invention, il y a bien eu le Kiki (un singe velu au faciès barré d’un sourire simiesque) ou la Girafe en caoutchouc (qui fait pouic pouic quand on la tripote). Mais rien ne remplacera le Nounours, immuable quadrupède aux yeux en boutons de culotte et au museau en bisou poilu.
Du coup, j’ai ressorti le mien de sa boîte. Il n’a même pas l’air de m’en vouloir, de l’avoir abandonné si longtemps. Et j’ai beau le surveiller étroitement, je ne l’ai pas encore vu bouger. Jean-Jacques et moi, c’est pour la vie.
En fait, je n’ai pas beaucoup de souvenirs communs avec Jean-Jacques. Sans doute n’étais-je pas du genre à lui faire des câlins, à lui raconter des histoires ou à le trimballer partout. Juste une présence rassurante, familière, juchée sur une étagère ou vautrée les quatre fers en l’air sur la moquette.
L’autre soir, sur une chaîne du câble, je regardais un film de science fiction, genre série B, intitulé « Screamers ». Une histoire de robots pervers capables de prendre toutes les formes et les apparences (enfant, copain, jolie femme, etc) pour, évidemment, tuer tous les humains et conquérir la planète. A la fin, après en avoir bousillé un maximum à coups de fusil laser, le héros réussit à se barrer dans sa capsule spatiale. Sauf qu’il n’a pas vu, abandonné juste derrière son siège de pilote, un ours en peluche agité de soubresauts. Le film se termine comme ça, on imagine la suite…
Curieux comme l’image du nounours hante l’inconscient collectif, me disais- je en moi-même (sans doute n’avais-je rien d’autre à faire). Du teddy bear d’Elvis Presley à la créature démoniaque des nanars d’épouvante, l’ours en peluche nous accompagne, enfant ou adulte, à travers les générations. Depuis son invention, il y a bien eu le Kiki (un singe velu au faciès barré d’un sourire simiesque) ou la Girafe en caoutchouc (qui fait pouic pouic quand on la tripote). Mais rien ne remplacera le Nounours, immuable quadrupède aux yeux en boutons de culotte et au museau en bisou poilu.
Du coup, j’ai ressorti le mien de sa boîte. Il n’a même pas l’air de m’en vouloir, de l’avoir abandonné si longtemps. Et j’ai beau le surveiller étroitement, je ne l’ai pas encore vu bouger. Jean-Jacques et moi, c’est pour la vie.
mercredi 25 mars 2009
LENTIN S'EST ETEINT

Je dévorais ses papiers dans Actuel, période « baba-freak-patchouli- bohème » du magazine, et de moi-même, d’ailleurs, tiens, aussi. L’époque où l’écologie ne semblait qu’un rêve de hippie naïf, où le Grateful Dead était considéré comme un super bon groupe et où le rock allemand était le must en matière de nouveauté planante. J’admirais le bonhomme, capable de pondre des articles érudits et passionnants, aussi bien sur l’influence du 13th Floor Elevator dans le courant psychédélique que sur la musique des trouvères au Moyen Age. Je me disais que quand je serai grand, j’aimerai bien faire comme lui.
Et puis, un jour, je l’ai rencontré. Je m’en souviens comme si c’était, euh, il y a quelques mois. J’étais plus ému que si j’avais bu un pot avec Jagger ou fait le bœuf avec Roy Orbison. Il était posté derrière un énorme bureau recouvert de liasses de papiers, avec ses petites lunettes et son petit bouc. J’ai bredouillé je ne sais plus quoi, que je cherchais du boulot, que j’étais passionné de musique, qu’au lycée j’étais plutôt pas mauvais en français (la preuve…) et que si des fois… Il m’a regardé avec indulgence, m’a tendu un disque et m’a dit : « fais moi une chronique pour lundi ».
J’ai passé le week-end à analyser fiévreusement l’objet en question, sous toutes ses coutures et tous ses sillons, un vinyle bien sûr, d’un dénommé Pierre Rapsat, rocker belge disparu depuis. Le lundi, après avoir noirci des monceaux de feuillets raturés, je me suis repointé le cœur battant, avec un article à peu près présentable. C’est comme ça que je suis devenu « rock critic », que j’ai commencé à recevoir des disques à l’œil et à assister aux concerts gratos. Grâce à lui, Jean-Pierre Lentin.
Après, je l’ai perdu de vue. Il est reparti pour d’autres aventures, Radio Nova, a écrit des bouquins vachement calés et technologiques, à propos de l’influence des ondes sur nous autres humains bardés d’antennes, et autres sujets balèzes qui forcent le respect. Et puis, la semaine dernière, sale semaine, j’ai appris qu’il avait tiré sa révérence, comme on dit. Je voulais juste lui faire un petit coucou, lui dire « Jean-Pierre, regarde, si je suis toujours là, c’est grâce à toi ». Je suis sûr que là haut, il a déjà commencé à captiver les anges, avec sa science et sa gentillesse.
Bon, il ne faudrait pas que ce blog devienne une rubrique nécrologique permanente. Je vous en supplie les copains, arrêtez de mourir, moi ça me tue.
Et puis, un jour, je l’ai rencontré. Je m’en souviens comme si c’était, euh, il y a quelques mois. J’étais plus ému que si j’avais bu un pot avec Jagger ou fait le bœuf avec Roy Orbison. Il était posté derrière un énorme bureau recouvert de liasses de papiers, avec ses petites lunettes et son petit bouc. J’ai bredouillé je ne sais plus quoi, que je cherchais du boulot, que j’étais passionné de musique, qu’au lycée j’étais plutôt pas mauvais en français (la preuve…) et que si des fois… Il m’a regardé avec indulgence, m’a tendu un disque et m’a dit : « fais moi une chronique pour lundi ».
J’ai passé le week-end à analyser fiévreusement l’objet en question, sous toutes ses coutures et tous ses sillons, un vinyle bien sûr, d’un dénommé Pierre Rapsat, rocker belge disparu depuis. Le lundi, après avoir noirci des monceaux de feuillets raturés, je me suis repointé le cœur battant, avec un article à peu près présentable. C’est comme ça que je suis devenu « rock critic », que j’ai commencé à recevoir des disques à l’œil et à assister aux concerts gratos. Grâce à lui, Jean-Pierre Lentin.
Après, je l’ai perdu de vue. Il est reparti pour d’autres aventures, Radio Nova, a écrit des bouquins vachement calés et technologiques, à propos de l’influence des ondes sur nous autres humains bardés d’antennes, et autres sujets balèzes qui forcent le respect. Et puis, la semaine dernière, sale semaine, j’ai appris qu’il avait tiré sa révérence, comme on dit. Je voulais juste lui faire un petit coucou, lui dire « Jean-Pierre, regarde, si je suis toujours là, c’est grâce à toi ». Je suis sûr que là haut, il a déjà commencé à captiver les anges, avec sa science et sa gentillesse.
Bon, il ne faudrait pas que ce blog devienne une rubrique nécrologique permanente. Je vous en supplie les copains, arrêtez de mourir, moi ça me tue.
mercredi 18 mars 2009
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